INFOS / MOU TEKAO HAKAÌTE

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Vue de la plage Vainahō et du Fort Collet, Taiohaè, Nukuhiva. René Gillotin, 1844.

Pakoko hakaìki (traduction française)

Écrit par

àtoimatapu


Jugé et reconnu coupable d'avoir organisé l’assassinat de cinq soldats français qui avaient enfreint un tapu, Pakoko, chef des vallées de Haavao, Hikoei et Pakiu de Taiohae à Nuku Hiva est fusillé sur ses terres le 21 mars 1845. Moetai qui est un de ses descendants, chante ici ses derniers instants.

1838 goupil pakoko Copy

Le chef Pakoko dessiné à Taiohae en août 1838 par Ernest Goupil.

pakoko rohr copie

aākoko, dessin à l'encre. Don du capitaine Jean-Daniel Rohr, commandant des canonniers et ouvriers de Marine - Nukuhiva, 1842-1844.
Collection particulière Michel, Denis et Françoise Rohr.

PAKOKO HAKAÌKI

Pākiu e to ù ati e, a pae !

Haavao e to ù ati e, a pae !

(Ua) mutu te henua o Tūhiva,

To tapuvae e taha ana,

To henua, to pito i nanuìa,

(E) pohutu nei te mate ia òe.

Eīa te toa e unu nei x3

Io to īa toto.

Pakoko hakaìki, ua mate, x3

Mate nui.

Ahe, he, kāòha à ! x2

Tini tini te vaimata i tahe

(i) to tūìa i mua o te mate

E mata e mata ta òe i kohoà,

Kāòha to ponatekao paona.

Eīa te toa e unu nei x3

Io to īa toto.

Pakoko hakaìki, ua mate, x3

Mate nui.

Ahe, he, kāòha à ! x2

To kuhane hakaìki ua ona,

Ua ona, ua ona i Kiukiu,

Āpuuìa mai e to Havaiki,

Āpuuìa mai e to Havaiki.

Eīa te toa e unu nei x3

Io to īa toto.

Pakoko hakaìki, ua mate, x3

Mate nui.

  Ahe, he, kāòha à ! x3                       

Pākiu, toi ma tribu, adieu !

Haavao, toi ma race, adieu !

La terre de Tūhiva s’est tue,

Tu t’avances pas à pas,

Sur ta terre, linceul de ton placenta,

La mort roule vers toi.

Voici le guerrier qui agonise

Dans son sang.

Le grand chef Pākoko est mort,

Bel et bien mort.

Hélas, quelle pitié !

Les larmes ont coulé par milliers

Quand tu t’es dressé devant la mort,

Tu voulais la regarder droit dans les yeux,

« Kāòha » fut ton dernier cri.

Voici le guerrier qui agonise

Dans son sang.

Le grand chef Pākoko est mort,

Bel et bien mort.

Hélas, quelle pitié !

Ton esprit royal s’est envolé,

Il s’est envolé vers Kiukiu,

Où le peuple de Havaiki va le chérir,

Où le peuple de Havaiki va le chérir.

Voici le guerrier qui agonise

Dans son sang.

Le grand chef Pākoko est mort,

Bel et bien mort.

Hélas, quelle pitié !

Petite remarque de vocabulaire concernant le titre de l'album « Te Hono » ; en tahitien, ce mot signifie « le lien », signification choisie par l'auteur. En marquisien, il signifie « le cri à l'unisson » poussé par un groupe, un peu comme « hip, hip, hourrah ». On voit ici l'influence pernicieuse du tahitien dont les Marquisiens eux-mêmes ne décèlent pas toujours la présence.

Traduction de Jacques Iakopo Pelleau, avril 2015; mis à jour, mars 2022

 

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